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L’histoire de la ville de Bologne est intimement liée à celle de son université, dont les premiers fondements sont jetés à la fin du xie siècle. Quoiqu’elle partage quelques aspects communs avec l’université parisienne, notamment l’organisation des étudiants en collèges et en nations autochtones ou étrangères, l’Alma mater studiorum en diffère cependant par deux aspects essentiels et liés, le statut des enseignants et les matières enseignées. L’université parisienne, émanation des grands centres d’enseignement de la cathédrale, de Sainte-Geneviève et de Saint-Victor, est constituée de clercs qui se consacrent à l’étude des questions religieuses prises dans un sens très large, où cohabitent très tôt, dès le début du xiiie siècle, théologie, droit canon, médecine et arts libéraux. Celle de Bologne est au contraire constituée de laïcs qui s’intéressent presque exclusivement, jusqu’à la fin du xiiie siècle, aux questions juridiques. Les structures communales de la ville de Bologne donnent une place centrale aux juristes et les professeurs jouissent d’un prestige particulièrement important, beaucoup plus sensible que dans la capitale française. Ce statut social à part explique probablement pourquoi les professeurs ont pu ériger dès le xiiie siècle, à Bologne plus que nulle part ailleurs, des monuments funéraires qui passent peu à peu du statut d’œuvre à visée religieuse à celle d’éloge d’une fonction sociale, et qui montrent le professeur dans l’exercice de sa mission, en train d‘enseigner devant des élèves admiratifs1.
1. Renzo Grandi, I monumenti dei Dottori e la scultura a Bologna (1267-1348), Bologne, 1982.
Xavier Dectot
© Réunion des musées nationaux – Grand Palais, 2011 ; mise à jour : mai 2016