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Ce catalogue, naturellement, se veut exhaustif – et il ne l’est probablement pas. Les conditions d’entrée des œuvres dans le musée, notamment pour ce qui est du dépôt lapidaire de la Ville de Paris et des versements des Chantiers de Saint-Denis, furent parfois complexes, et toutes ne furent pas immédiatement portées à l’inventaire. De plus, certains transferts et démontages se sont faits à la hâte. Ce fut notamment le cas pour les sculptures qui étaient exposées dans le jardin du musée jusqu’à la dernière guerre mondiale, dont nombre furent ensuite entreposées dans le sous-sol du proche couvent des Bernardins. Celles-ci ont depuis été transférées dans d’autres réserves mais, même si certaines œuvres portaient un numéro d’inventaire, ce dernier a souvent été effacé par des années de stockage à l’humidité. Ainsi, aujourd’hui encore, nombre d’éléments lapidaires conservés au musée sont dépourvus de numéro d’inventaire, et certains sont dans un tel état de dégradation qu’ils ne sont plus du tout identifiables. Parmi ce qu’il faut bien appeler des débris, nous avons inclus ce que les critères stylistiques rendaient attribuable au xiiie siècle ou aux premières décennies du xive siècle, mais il en est probablement qui, trop peu lisibles, ont échappé à notre recherche.
Nous avons choisi d’inclure toutes les œuvres qui, dans l’un des catalogues précédemment publiés ou lors de leur inscription à l’inventaire, avaient été signalées comme appartenant au xiiie siècle ou au premier quart du xive siècle, quand bien même nous rejetons aujourd’hui cette datation. On les trouvera regroupées dans deux sections spécifiques, l’une consacrée aux faux et aux pastiches, l’autre aux erreurs de datation à proprement parler.
Pour ce qui est du classement des œuvres, nous avons choisi, autant que possible, de les regrouper par affinités, à la fois topographiques et chronologiques. D’où un classement par région d’origine – Paris, auquel nous avons rattaché Saint-Denis, tenant évidemment une place à part –, puis, lorsque c’était possible, par édifice d’origine, en consacrant à ceux-ci une courte monographie destinée à rappeler les principaux éléments chronologiques et stylistiques. À l’intérieur de ce premier niveau, nous avons privilégié un ordre chronologique, et placé les œuvres partageant une même datation par ordre de numéro d’inventaire. Ce classement, pour complexe qu’il puisse paraître à l’explication, ne nous en a pas moins semblé le plus rationnel. Notons, enfin, que nous avons choisi de ne pas séparer les dépôts des œuvres affectées au musée. Lorsqu’une œuvre avait plusieurs numéros d’inventaire, nous avons systématiquement privilégié le dernier. Outre que c’est celui qui est généralement utilisé, dans certains cas, un nombre non négligeable d’objets partageait le même numéro initial, le nouveau numéro apportant ainsi une clarification souhaitable. Le problème des numéros d’inventaire multiple étant insoluble, nous avons également conscience du fait qu’il est possible que certaines œuvres soient ici signalées comme disparues sous un numéro d’inventaire, alors qu’elles sont en fait étudiées sous un autre. Espérons que le lecteur saura se montrer indulgent.
La bibliographie de chaque œuvre a été réduite aux seuls ouvrages et articles où elle est effectivement étudiée. Comme on le verra tout au long des notices, ce travail doit énormément à la thèse d’école du Louvre d’Anne Pingeot, La Sculpture décorative sur pierre de 1137 à 1314 déposée au musée de Cluny, soutenue en 1974, et qui non seulement reste un témoignage incontournable de l’état des collections à cette date, mais se montre aussi une mine de renseignements sur les œuvres et les monuments dont elles proviennent. Le lecteur trouvera une bibliographie plus complète, par monument, dans les notes des monographies. Quant aux mesures, elles sont données en mètres.
Certaines photographies pourront surprendre. En effet, pour nombre d’œuvres, leur état actuel rend impossible de les photographier dans le sens dans lequel elles ont été conçues pour être posées. Face à cette situation, plutôt que de les présenter la tête en bas ou gisant sur un flanc, nous avons choisi de faire pivoter la photographie, ce qui est certes plus satisfaisant sur le plan visuel mais peut créer des effets d’ombres assez peu naturels.
Signalons enfin que ce catalogue tel qu’il est présenté aujourd’hui n’est qu’une étape. Tout d’abord parce qu’il s’inscrit dans la suite de Musée national du Moyen Âge - Thermes de Cluny. Sculptures des xie-xiie siècles. Roman et premier art gothique du même auteur, paru chez le même éditeur en 2005. Ensuite parce que l’édition papier de ce premier ouvrage ayant été rapidement épuisée, il a été décidé de le rééditer sous forme électronique en l’ajoutant au présent catalogue. Pour des raisons pratiques, la partie nouvelle, consacrée au xiiie siècle et au premier quart du xive siècle, a été mise en ligne en premier et la partie ancienne (xie-xiie siècles), augmentée des nouvelles acquisitions en ce domaine, y a été intégrée en 2016. Enfin, il est prévu de compléter ce catalogue pour l’amener jusqu’aux alentours de 1400. D’ici quelques années, le lecteur pourra ainsi disposer d’une vision complète des sculptures médiévales du musée de Cluny.
Xavier Dectot
© Réunion des musées nationaux – Grand Palais, 2011 ; mise à jour : mai 2016